Je me souviens de l'époque où j'ai commencé à vouloir "faire de l'informatique" plus tard en guise de métier. Je voulais en fait créer des sites web et des bots/apps/scripts simples et c'est toujours ce que j'ai envie de faire aujourd'hui.

"À l'époque", c'était 2007/2008, au collège, quand les réseaux sociaux étaient encore balbutiants. Ce qui m'a donné envie, ce sont les sites amateurs de gens qui parlaient de leur passion et qui créaient des trucs en général.

Depuis, sept années d'études m'ayant apporté cinq diplômes surtout orientés web, mais aussi mobile et logiciel sont passées, ainsi qu'à peu près trois ans d'alternance dans des entreprises où mes stages et apprentissages se sont dans l'ensemble bien passés. Bien que je n'aie jamais eu de contrat de travail plus haut, je me sens aujourd'hui capable d'exercer un métier de développeur.

Pourtant, 14 ans après y avoir pensé pour la première fois, je crois que je veux plus être développeur.

Ce que je veux faire au fond de moi, c'est bidouilleur, créer de petits trucs pour des potes et des gens sympa en général.

Seulement, pour avoir le droit de survivre (manger, dormir, se soigner), il est nécessaire d’exercer une activité qui soit très rentable.

Et les activités très rentables en dev sont soit occupées par des startups voulant inventer le PQ connecté, soit les SSII qui considèrent leurs recrues comme du bétail.

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Et les évolutions techniques ne vont pas dans le sens du meilleur. Le web est de plus en plus monopolisé par une poignée de boîtes qui peuvent littéralement y faire ce qu'elles veulent sans conséquence, y compris lancer les projets les plus rétrogrades et dangereux, avec une armée de sous-entreprises prêtes à manger les miettes derrière pour accaparer le millième de leur succès.

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Il reste des endroits intéressants et positifs où exercer le métier de développeur, mais elles sont rarissimes, et y accéder relève toujours plus de l'exploit (les refus de candidatures que j'essuie en ce moment en témoignent).

Et ça c'est quand il est possible d'y être embauché, la plupart des endroits intéressants étant en fait fauchés et ne pouvant pas se permettre d'embaucher. Au fil des années, j'ai refusé une bonne demi-douzaine de projets parce qu'il fallait se lancer freelance.

Je ne me vois absolument pas devenir quelqu'un de très rentable autrement qu'en passant ma journée devant un ordinateur ; mais après avoir littéralement passé la moitié de ma vie à savoir le boulot que je voulais faire, et investi des années et des années à apprendre mon boulot, je me dis pour la première fois que c'était une mauvaise idée.

Et croyez bien qu'après avoir passé des mois à me demander si je couvais pas une bonne dépression, avoir cette soudaine réalisation ne va pas m'aider à être davantage joyeux dans les semaines à venir.

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